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le bon aïkidoka et le auvais tome 2

publié le 31-05-19 dans Divers

"Comment reconnaître le bon pratiquant du mauvais" annonce clairement que certains pratiquants ne sont pas à la hauteur malgré leur grade ou leur diplôme. Parmi tous les candidats à la mauvaisitude, nous avons pêle-mêle, celui qui vient pour
a) le self-défense, paix universelle, jolies fleurs et papillons ; il veut atteindre le but sans passer par les étapes ;
b) l'efficacité martiale ; sa phrase type "oui mais, s'il fait ça alors je fais ça !"; il confond but et conséquence ;
c) voir; il a fait du judo, du karaté, du krav-maga ou de la boxe; mais aujourd'hui il est tellement cassé de partout, il a mal à toutes les articulations, qu'il pense qu'à l'aïkido c'est plus cool ;

Mais avec le temps, nous pourrons les changer un peu et leur faire voir l'étendue de la pratique, former autant les gens en dragon qu'en tigre pour reprendre une expression chinoise. S'ils veulent aussi l'entendre.
Aujourd'hui, la reconnaissance par la transmission du savoir.
L'enseignant a montré la technique et donné quelques explications, c'est à vous. Le hakama qui pratique avec vous fait fi des conventions et vous permet de commencer. Votre technique n'est pas finie qu'il vous explique comment faire dans tous les détails, parfois du "haut-niveau". Il fait la technique demandée au moins 10 fois avant d'inter-changer les rôles et vous corrige à chaque fois. Toutes les étapes sont commentées une à une, et si vous vous trompez vers la fin, on recommence depuis le début. Si votre premier ou deuxième temps n'est pas correct, vous n'irez pas plus loin. Pour montrer sa supériorité, il fait du "martial" : blocage du coude, coup de poing ou coup de pied; et il ne fait pas semblant.
Mon conseil : rendez lui la pareille ! En 15 minutes, personne n'a progressé, ni lui ni vous. Il s'est pris pour l'enseignant principal car il se considère comme son égal. Dans les forums, c'est un troll. Il ne comprend pas les différents niveaux de travail et veut systématiquement aller au plus loin. Comme il n'a pas les bases d'une méthode, il va chercher ailleurs et fait un joyeux mélange de pratiques allant chercher dans d'autres arts martiaux des réponses à ses questions. En effet , ne faisant pas confiance aux enseignants, il ne fait pas plus confiance à O Senseï et à l'Aïkido. Pourquoi d'ailleurs avoir choisi cet art ? Car il n'aura jamais à être soumis à sa nullité. Imaginez vous assis sur une chaise, un bureau et un encrier devant vous, accompagné de 25 camarades dans la même salle. Imaginez le en blouse, une craie à la main et la brosse dans l'autre. Et pendant un quart d'heure vous avez subi une pédagogie ancienne, ennuyeuse et dépassée. Où le savoir s'efface devant l'égo du professeur.
La personne avec qui vous travaillez la technique suivante est plutôt silencieuse. Cela change. Il fait ses techniques et vous faîtes les vôtres. Parfois vous y arrivez facilement, parfois c'est plus dur, même impossible. Il suit le mouvement mais vous sentez parfois des blocages. Les erreurs techniques n'empêchent pas de finir mais compliquent la tâche. Plutôt que de vous expliquer longuement, il utilise son rôle de uke pour vous montrer les directions ou les angles à prendre. Les erreurs techniques sont corrigées en une phrase.
Voilà un pratiquant digne d'intérêt. Le rôle de uke est primordial, et c'est dans ce rôle qu'il vous a permis de progresser. Quand c'était facile, c'est qu'il ne mettait pas beaucoup d'intensité, quand c'était dur ou très difficile, c'est qu'il a monté son niveau de pratique. Il a constamment chercher à adapter son attitude avec votre niveau, baissant le curseur si c'est trop dur ou en le montant si nécessaire. Si votre travail de corps n'est pas bon, et c'est normal, il vous laisse finir mais marque d'une tension le passage à travailler. Au lieu de vous laisser dans l'impasse, c'est encore dans le rôle d'uke qu'il vous montre le bon chemin. Vous entendrez souvent qu'il faut un uke plus gradé pour pratiquer. C'est vrai et à partir d'un certain niveau c'est en tant qu'uke que vous progresserez.
Il existe plusieurs méthodes pour enseigner. En occident, nous aimons bien tout expliquer, décortiquer et comprendre. Pour permettre de voir sa propre évolution, nous avons même mis en place une hiérarchie de ceintures, blanche à noire, chaque progrès est source de récompense. Mais en Aïkido comme dans beaucoup d'arts martiaux, il faut développer d'autres qualités que l'apprentissage par cœur de techniques et de déplacements. La compréhension première du travail n'est pas compliqué intellectuellement. Mais elle se heurte très vite à la pratique. Aiguiser son regard, persévérer, se poser des questions, s'adapter, être à l'écoute,... des qualités nécessaires à une compréhension fine. Le rôle de uke dans la transmission du savoir est autant de proposer des réponses que de questionner le pratiquant dans son travail éducatif du corps.

<-- le bon aïkidoka et le mauvais (tome 1)
 
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